Des deuils particuliers

PLUS AUCUN ENFANT

LA PERTE de l'enfant UNIQUE ou de TOUS les enfants

Ce sera toujours en dessous, ce ne sera jamais assez ; il y a toujours une composante de déception. Néanmoins, on peut apporter quelque chose. Nous allons aborder les choses de façon chronologique. Dans les premiers temps, on est dans des enjeux émotionnels très forts et chaotiques, une sorte de sidération ; puis lentement au fil des mois un chemin se fait, on constate qu’on peut avancer. Le fait d’être là ce matin, de vous être levé, d’avoir pris votre petit déjeuner signifie :
«au moins je sais que je peux vivre ou survivre, je ne suis pas mort, alors que dans les premiers temps : je vais mourir, je vais activement essayer de mourir, je vais me tuer, soit je vais attendre, espérer q’une maladie survienne et ne rien faire pour que la maladie m’entraîne à mon tour».
Donc, vous avez déjà senti, même intuitivement,qu’il y a quelque chose en vous qui se passe,en sous-marin, qui vous échappe, qui n’est lié ni à la volonté ni à la raison, ni au désir, quelque chose qui vous dépasse, non pas choisie, mais qui est là et qui fait que vous êtes vivant jour après jour. Après, la qualité et la tonalité de ce quotidien : c’est autre chose ! Vous savez maintenant que le deuil, ce n’est pas un processus d’oubli, que ce n’est pas tourner la page. La description des étapes dans le deuil d’un enfant unique est un peu particulière, nous allons les reprendre et nous allons voir les différents enjeux.

Aujourd’hui nous allons parler de ce deuil très particulier des parents qui ont perdu leur enfant unique ou tous leurs enfants, souvent dans des accidents ou des catastrophes naturelles. C’est toujours très violent et cela fait écho aux situations de mort par suicide, on est dans les mêmes territoires par rapport à d’autres parents, ce n’est pas supérieur ou inférieur en intensité de souffrance mais c’est différent, c’est un deuil qui marque la vie avec une intensité particulière. 

Il y a une effroyable solitude quand on perd son enfant unique, c’est important de se retrouver ensemble, pour échanger, pour comprendre que ce n’est pas «juste moi», isolé dans ma peine, coupé des autres, c’est un processus et une configuration particulière où je peux faire des ponts avec d’autres personnes. Je suis toujours conscient, quand je fais une conférence que ce sera toujours décevant, car la seule aide qui apaiserait vraiment, ce serait le retour de son enfant. 

LA SOLITUDE

Très très seul;  plus jamais parent d'un enfant vivant... La situation nous semble anormale, insupportable tant notre vécu est décalé par rapport au discours des autres parents.

"AVEZ-VOUS DES ENFANTS ? "
 "Là il y a un vrai choix, je conseille de préparer des réponses toutes faites, on ne dit pas les mêmes choses aux mêmes personnes.  Quelqu’un que vous croisez dans un train : «Vous avez des enfants ? »  Vous répondez  : 

«oui, j’ai un enfant » et «qu’est ce qu’il fait ? » répondre par «je ne souhaite pas en parler». C’est une façon de se protéger. Parce que quand je dis : «mon enfant est mort», on le dit au gens mais on se le dit d’abord à soi-même.


On livre au gens quelque chose de son intimité, cela va loin, comme ça, d’un claquement de doigt, vous ouvrez toutes les portes de qui vous êtes et cela n’est pas forcément justifié ou approprié.

Il faut y réfléchir, chacun sa réponse et tout dépend de la place où je met la personne que je rencontre." C. Fauré

L'AVENIR

 

Comment se projeter quand il ne nous reste plus d'enfant, que personne ne fera de nous un grand-parent, ne s'occupera de nous âgé ? c'est toute notre projection dans l'avenir qu'il va nous falloir réinventer.